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La Philosophie du Yoga de l'excellent Blog de Yogamrita

Mis à jour : avr. 1



Yoga, chemin d’union ? Il est bien connu que le mot «yoga» a pour origine la racine sanskrite «yug». Selon Wikipédia, le mot «yug» se rapporte à: l’action d’atteler, au dressage des chevaux, à un mode d’emploi, technique, une discipline spirituelle, à l’union d’ātman (l’âme individuelle) avec brahman (l’Esprit universel). L’image du joug trouve son origine dans l’activité agricole: l’animal de trait est relié à la charrue par un joug. Le joug est une contrainte, mais aussi un outil qui permet un travail spécifique et efficace. Très souvent, ce sont deux animaux de trait qui sont reliés par un seul joug, afin d’avancer ensemble, sur un même travail. Cette image est non sans rappeler celle de la Mukunda Upanishad qui parle des deux oiseaux inséparables. J’en parle dans un précédent article : «L’un des oiseaux représente l’âme individuelle. Il vit sa vie comme tout un chacun, dans le niveau de conscience courant. Il se nourrit en mangeant des fruits… qui sont les fruits de son Karma antérieur. Ces fruits représentent sont ceux de ses désirs; ils sont aussi les conséquences de ses actions passées. L’action de manger les fruits, c’est entrer dans le cycle des causes et des effets. Les nouvelles actions engendreront de nouvelles conséquences ou Karma… qui seront elles-mêmes les causes d’expériences futures. Voici notre oiseau totalement lié à ses Karma: il est, selon la doctrine hindoue, prisonnier du Samsara, la Roue des Morts et des Renaissances, concept proprement oriental. Il lui faudra renaître encore et toujours, sous de nouvelles formes, afin de pouvoir expérimenter les fruits de ses actions précédentes … lesquelles engendreront toujours de nouvelles conséquences! Notre premier oiseau connaît le besoin d’agir, la faim d’AVOIR et d’expérimenter les plaisirs du monde que nous connaissons. C’est ainsi que se manifeste sa recherche du bonheur. L’autre oiseau le regarde: il est la Conscience qui nous habite, le Soi, ou l’ « âme » du premier oiseau, pour reprendre un vocable occidental. Il ne se nourrit pas de fruits, car il est au-delà de tout besoin, au-delà des jouissances du monde: la loi du Karma (loi de cause à effet) ne l’affecte pas dans sa Nature profonde, qui se suffit à Elle-même. Le deuxième oiseau est donc libéré des désirs pour ce monde, ainsi que des actions qui portent des fruits (Karma). C’est pourquoi, il ne ressent pas le besoin de manger de fruit. Il n’est pas affecté par le cycle éternel des réincarnations. Le deuxième oiseau est apaisé, repu, sans faim, car il porte en lui la Plénitude, l’entière satisfaction d’ÊTRE. Sa nature profonde est Félicité. Cette félicité est supérieure à tous les meilleurs fruits de ce monde. Il n’a donc pas le besoin, ni l’envie de rechercher le bonheur à l’extérieur de lui-même.» Si l’on ramène cette image purement védantique à la philosophie du Samkhya, l’on a, d’une part, Prakriti, notre Nature féminine, l’Energie, la force incarnée de la Création, et aussi, dans une certaine mesure, la puissance de l’Inconscient et, d’autre part, Purusha, notre Nature masculine, qui représente la Pure Conscience non agissante, non manifestée, le témoin intouché, qui repose dans sa Vraie Nature. Le Samkhya est la voie qui permet à Prakriti, la Nature manifestée, de se révéler à son Bien Aimé Purusha, la Pure Conscience intouchée … et à Purusha de VOIR Prakriti. Cette reconnaissance permet leur Union… Retour à la vision védantique: Dès lors, Maya, l’Illusion, disparaît, la dualité se dissout, tout comme le sentiment de séparation. Demeure alors l’expérience du UN. Celle du Brahman. Le Hatha Yoga traditionnel propose un travail physique, énergétique, et d’intériorisation, permettant d’unir la part féminine, Shakti (l’Energie manifestée) et la part masculine, Shiva (la Pure Conscience originelle). Shakti et Shiva sont les deux pôles de notre essence. La tradition les représente d’ailleurs géographiquement, dans le corps humain : Shakti siège au niveau du périnée (Muladhara Chakra, le Chakra racine) et Shiva, au niveau de la fontanelle (Sahasrara Chakra). L’expérience de l’union des deux, dans la tradition yogique, est l’expérience de la montée de Kundalini. Shakti vient rejoindre Shiva, dans l’expérience amoureuse ultime de l’extase (ou plutôt « enstase », pour reprendre le terme de Mircea Eliade) : Shakti s’éveille du long sommeil de l’ignorance en Muladhara, et vient s’unir à son Bien Aimé, en remontant jusqu’à sa source, Sahasrara. Yoga et connaissance de soi : les enjeux du Raja Yoga Il est dit que le Yoga est une pratique, une méthode de libération spirituelle, fondée sur la théorie du Samkhya, décrite dans les Yoga Sutra par Patanjali. Les Yoga Sûtra décrivent l’univers intérieur de l’homme et des moyens à mettre en œuvre pour se libérer  de la souffrance qui trouve sa source dans l’identification au «je» (égo). Cette voie de la pratique est aussi appelée Râja Yoga, le Yoga de la Voie Royale, car il permet le contrôle du mental. Patanjali rappelle que ce chemin ne peut pas être juste volontariste et solitaire: seule la guidance d’un être qui est passé par ce travail et cette expérience ultime peut guider un autre être sur ce chemin. La pratique des techniques yogiques enclenche un processus de transformation, qui conduira, peut-être, vers les plus hauts niveaux de (supra)conscience ou d’unification de l’être (Samâdhi). Cet état porte lui aussi le nom de «Yoga». Le Raja Yoga propose une démarche mentale, ainsi qu’une ascèse physique. Réflexion : j’ai très envie de remplacer le terme «ascèse physique» par «discipline». La seule ascèse physique pouvant être aride et ne conduire à rien. Il y a tellement d’embûches sur le chemin. Attention de ne pas se fourvoyer! Le Yoga vise:

  • la maîtrise du véhicule psychosomatique,

  • la connaissance et le contrôle de la nature humaine,

  • son intégration vers un but suprême par le contrôle des éléments : maîtrise du corps, des sens, du mental, de la Buddhi, puis immersion dans l’Atman (le Soi).

L’unification du soi est le moyen d’union avec le Divin ou Conscience Universelle.

  • Patanjali définit ainsi l’état de yoga: c’est la «cessation des Cittavritti ou activité psychiques».

  • Le Yoga nécessite: effort constant et patience (Abhyasa) et détachement (Vairagya).

En tant que yogi et yogini du 21e siècle, nous nous référons très souvent aux Yoga Sutra, aux Upanishad, au Vedanta… parfois bien plus qu’à nos ressentis, nos vécus humains, à la connaissance de notre nature incarnée. Or ces textes s’adressent à des personnes pleinement «finies», dans le sens «adulte» du terme; c’est-à-dire des personnes s’étant libérées de leurs problématiques psychologiques (et Dieu sait si nous mettons bien souvent du temps à démêler cet écheveau). Si ce n’est pas le cas, si le yogi ou la yogini n’est pas pleinement «construit», il ou elle entame le cheminement, sans voir ses propres failles. Il risque, surtout s’il n’est pas accompagné par un maître compétent, de se leurrer et de se faire plus de mal que de bien. Comme je le dis souvent, en yoga, l’on peut avoir tendance à «mettre la charrue avant les bœufs»… Infiniment rares sont les personnes totalement matures et prêtes à l’immense défi que lance le yoga, celui de la libération du désir et de la souffrance qui nous retiennent en ce monde, pour expérimenter la plénitude du Sage réalisé. Le chercheur spirituel peut avoir le désir «désincarné» de «foncer» vers une maîtrise du corps, de l’énergie et de l’intériorisation (retrait des sens, concentration, méditation) qui le conduira dans les hautes sphères… alors même que la relation «corps – esprit» reste encore conflictuelle en lui. Le yoga est avant tout un chemin de transformation, qui nous prend exactement là où nous sommes… et non là où nous pensons être… et encore moins là où nous voudrions être… La véritable paix se trouve dans le silence, dans la rencontre vraie et bienveillante avec soi-même. Il convient de d’abord s’ancrer dans la matière, dans notre incarnation, et de faire la paix avec notre nature physique, énergétique, psychique, émotionnelle, intellectuelle. Nous serons alors à même de pénétrer pleinement la dimension spirituelle de notre essence, sans être parasité. Porter de l’attention au corps et aux émotions, ne signifie pas développer un fonctionnement égotique, loin de là. Il s’agit seulement d’être vrai et de plonger courageusement au fond de soi, afin de se connaître véritablement et faire la paix avec soi. Alors, les tensions s’apaiseront. Selon l’histoire de chacun, ce temps peut nécessiter de l’aide en dehors du tapis de yoga et en parallèle de la pratique. Il peut, par exemple, s’agir d’un travail psychothérapeutique ou d’analyse sur un temps plus ou moins long, selon les besoins. Le développement spirituel de type New Age se révèle souvent insuffisant devant l’incroyable challenge du yogi… Ainsi l’on rencontre d’innombrables Sadhak (pratiquants) de la méditation et du yoga qui se sont consacrés des années à la pratique, mais qui n’ont pas réussi à faire véritablement la paix en eux… ni même, au moins, à apaiser leurs tensions. Sans un tel travail, de soi à soi, il peut se produire une scission interne, entre l’être humain (très faillible et émotionnel), et l’être qui aspire à un idéal, à la spiritualité, à un certain degré de réalisation. C’est pourquoi il est si important d’être «vrai» avec soi-même… Satya, «la Vérité de soi à soi» Satya, c’est le principe de vérité, la «bonne foi». Satya implique les pensées, les paroles et les actes :

  • Satya, c’est reconnaître tout ce qui est en soi, même les zones d’ombres ou les émotions négatives. Satya est indispensable pour se connaître… sinon, l’on se dérobe à soi-même!

  • Le courage de parler vrai développe les qualités de Manipura Chakra, la force et l’estime de soi

  • Satya est une grande clé du yoga, de l’ayurveda et de tout développement personnel ou spirituel

  • Satya, c’est aussi une attitude pendant la pratique du yoga.

… et de pratiquer : Svadhyaya, la connaissance de soi Svadhyaya, c’est l’observation de soi, l’analyse et la connaissance de notre personnalité. C’est la prise de conscience de nos forces et de nos faiblesses, de nos ambitions et de nos besoins. Svadhyaya c’est aussi la capacité de prendre du recul par rapport à soi-même, et de développer l’attitude du Témoin pour observer:

  • la vision que nous avons du monde

  • nos réactions face à lui

  • nos émotions, nos pensées, notre comportement

  • Svadhyaya, c’est aussi une attitude pendant la pratique du yoga.

  • Svadhyaya, enfin, consiste en l’étude des textes sacrés, et l’étude auprès d’un maître ou d’un enseignant qualifié.

Introduction à la psychologie du yoga Psychologie La psychologie trouve ses origines dans la philosophie et la physiologie. «Psyché», en grec, signifie «âme» ou «mental». C’est donc l’étude de la psyché et du comportement humain. La psychologie prend en compte les:

  • processus mentaux derrière le comportement

  • Émotions, Sentiments, Attitudes, Pensées, Perceptions, Intelligence, Conscience

  • relations entre ces phénomènes.

Sensations et Perceptions

  • Chacun de nous perçoit le monde à sa manière.

  • La perception choisit les objets et les situations qui ont une signification pour nous, en tant qu’individu, elle focalise dessus… et ignore le reste.

  • Nos perceptions dans un même environnement divergent: tout se passe comme si chacun de nous vivait dans un monde à part.

«A mesure que nous progressons en yoga, nous effaçons nos mémoires ancrées, nos vieilles attitudes, nos suppositions, préjugés et blocages, et nous commençons à voir le monde et les autres sans projeter les anciens schémas qui n’ont de réalité que dans notre tête.» Dr Rishi Vivekananda Psychologie pratique du yoga Yoga et attitude mentale Voici trois qualités essentielles en yoga, mentionnées par le Dr Rishi Vivekananda dans son livre [1], pour avancer :

  • Acception: voir les choses telles qu’elles sont, avec réalisme, et ne pas se formaliser si elles ne sont pas comme nous le souhaiterions, ni fantasmer sur le fait qu’elles devraient être meilleures.

  • Non attente de résultats: contentement, plénitude, ne pas se soucier de ce que l’on ne peut pas changer.

  • Équanimité: Accepter les vicissitudes de la vie telles qu’elles se présentent. «Il n’y a pas de problème qui ne vous offre un cadeau». (Richard Bach)


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